L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles pour l’harmonisation de la santé physique et mentale. On utilise les huiles essentielles pour renforcer le processus naturel d’autoguérison. C’est une méthode naturelle qui repose sur l’activité des molécules biochimiques des huiles essentielles.

L’histoire et l’évolution du monde sont étroitement liés à la nature. De tous temps, dans toutes les civilisations, l’homme a toujours cherché et trouvé à se nourrir, se soigner, s’exprimer ou honorer ses dieux au travers des richesses offertes par Dame Nature. Cette dualité maladie-divinité est encore plus présente lorsqu’on évoque les plantes aromatiques. Ce qu’on avait un temps oublié refait à nouveau surface : la pensée, le corps et l’esprit vibrent à l’unisson, « un esprit sain dans un corps sain ».

Les HE (Huiles Essentielles) sont utilisées depuis la nuit des temps.

1 – L’Antiquité

  • 5000 ans avant J.C., en Mésopotamie, les Sumériens utilisaient déjà les plantes aromatiques et connaissaient l’usage de l’acore, du cèdre, du cyprès, de la myrte et du galbanum.
  • En Inde où la tradition ne s’est jamais perdue, les HE largement utilisées en Ayurveda sont le santal, la cardamome, la coriandre, le gingembre et le curcuma.
  • 2800 ans avant J.C., en Chine, berceau de la phytothérapie, on utilisait déjà des préparations aromatiques à base de curcuma, anis, cannelle et gingembre pour les massages. Le Pen Tsao reprend plus de 8000 formules.
  • 2700 ans avant J.C., l’Egypte est la plus avancée dans l’usage des HE, on utilise le pouvoir antiseptique et bactéricide des plantes aromatiques pour préserver les corps lors de la momification. Le cèdre, la myrrhe, le basilic, l’encens, la cannelle et le lentisque sont d’usage courant. Les HE servent aussi comme base d’onguents, de parfums, et participent à la vie spirituelle dans les temples.
  • 1500 à 1100 avant J.C., les mages offrent des extraits de myrrhe et d’encens à l’enfant Jésus.
  • La Grèce participa à la diffusion de l’usage des plantes médicinales dans tout le bassin méditerranéen. Au temple d’Epidaure, haut lieux de la médecine grecque, on mêle magie, usage des plantes et thermalisme. Hippocrate de Cos (460-377 avant.J.C.) consigne toutes les connaissances médicales de l’époque dans une œuvre en 72 volumes appelée « corpus Hippocratum ».
  • A Rome au 1er siècle avant J.C., Dioscorides recense 570 espèces de plantes dans « De materia medica ». Dans les thermes romains on plonge avec délice dans les bains aromatiques et on popularise l’usage des lotions, onguents et crèmes parfumées.
  • L’Amérique précolombienne (Aztèque, Mayas, Incas) utilise et connaît parfaitement l’emploi et l’usage des plantes et drogues végétales. Ils utilisaient largement les baumes de styrax, copaïba et sassafras.
  • En Arabie, vers l’an 1000, Avicenne médecin et philosophe met au point l’alambique qui permet l’extraction des HE par distillation à la vapeur d’eau.

2 – Le Moyen âge

  • Les marins européens Marco Polo, Christophe Colomb, Vasco de Gama … véhiculent les épices, les aromates, les parfums et les HE.
  • A la Renaissance, le manque d’hygiène reste flagrant. Il est compensé pour le bien-être olfactif de la haute société par l’usage effréné des parfums. « C’est puer que sentir bon ».
  • Fin 16ème, début 17ème siècle, le vinaigre des 4 voleurs était composé d’Eugenia caryophyllus, de Cinnamomun verum, de Lavandula angustifolia et de Mentha piperita.  Les voleurs s’enduisaient de ce mélange pour détrousser leurs concitoyens atteints de la peste.

3 – Les temps modernes

  • En France, pays phare de l’extraction des HE par la vapeur d’eau, quelques grands noms ont marqué l’histoire de l’aromathérapie.
  • 1918 : René Gattefossé, père de l’aromathérapie moderne, chimiste et parfumeur, se brûle la main lors d’une explosion dans son laboratoire, par réflexe il plonge la main dans un récipient contenant de l’HE de Lavande vraie. Le soulagement est rapide et la cicatrisation spectaculairement rapide et efficace. Suite à cela il se consacre à l’étude des vertus des HE.
  • 1929 : Sévelinge un pharmacien, se consacre à l’étude des HE à usage vétérinaire et confirme les travaux de Gattefossé.
  • Valnet relance et vulgarise par ses ouvrages l’utilisation des HE. Duraffourd, Lappraz et Belaiche prennent le relais.
  • 1975 : Pierre Franchomme met en évidence l’importance du chémotype ou race chimique.

Quelques définitions parmi tant d’autres…

  1. Plante à parfum : plante possédant des molécules odorantes dans ses organes.
  2. Plante aromatique : plante qui produit une HE lors de la distillation à la vapeur d’eau.
  3. Plante médicinale : plante possédant un ou plusieurs principes thérapeutiques.
    Aromathérapie : terme créé en 1928 par René-Maurice Gattefossé utilisé dans le cadre médical pour les soins physiques ou psychiques à base d’HE.
  4. Aromatisation : utilisation des HE dans la cuisine.
  5. Aromatologie : science des parfums et des HE.
  6. Aromacologie : mot hybride provenant d’une contraction de « arôme » et « physio-psychologie ». Il peut-être défini comme la psychologie de l’arôme. L’aromacologie est un aspect récent de l’aromathérapie qui s’intéresse à l’action des HE sur le psychisme de l’individu au travers de la stimulation olfactive. Elle recherche la façon d’utiliser les senteurs pour provoquer divers sentiments de relaxation, de sensualité, de plaisir, d’excitation et de bien-être.
  7. L’aroma-olfactologie : combine avec intelligence l’utilisation physique et psychique des HE … saurait il en être autrement ?
  8. Etc … car des nouveaux mots fleurissent régulièrement selon les auteurs …
  9. Essence : substance secrétée par les plantes aromatiques et stockée dans des poches à essence. Avant la distillation on parle d’essence, après on parle d’HE sauf pour le produit récolté lors de l’expression à froid  des zestes d’agrumes qui conserve le terme essence.
  10. Huile essentielle : composé aromatique complexe élaboré par les végétaux le jour grâce au soleil et stocké la nuit dans les poches à essence. L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau le plus souvent. Le changement d’appellation de l’essence en HE est justifié car les molécules aromatiques subissent plusieurs modifications, variables selon les plantes. C’est un terme inexact en fait car une HE n’est pas grasse, bien que non soluble dans l’eau. C’est plutôt la quintessence solaire de la plante.
    Ex : une essence de sarriette contient très peu de molécules appelées carvacrol, alors que l’HE obtenue à partir de cette essence en contient beaucoup. Cette observation peut être faite à partir d’une analyse, la chromatographie gazeuse que tout laboratoire sérieux se doit d’effectuer pour contrôler le type de molécules contenues dans les HE qu’il met sur le marché.
  11. hydrolat (eau florale) : c’est l’eau de distillation qui est récupérée après condensation.  Cette eau florale s’est chargée d’éléments minéraux contenus dans la plante et contient des traces d’huiles essentielles (de l’ordre de 0,5 à 6 %).

Les HE agissent sur les différents plans de l’Etre

  • sur le plan physique : par une action directe sur la matière. Ex : hélichryse.
  • sur le plan énergétique : par effet réflexe en massage en shiatsu, sur les points d’acupuncture.
  • sur le plan émotionnel : par le biais de l’olfaction.
  • sur le plan mental : clarté d’esprit avec du laurier ou de la menthe.
  • sur le plan spirituel : par la reconnection avec le divin. Ex : l’encens qui connecte au père spirituel, la myrrhe qui donne une information de mort pour mieux renaître.

Sources: Dominique baudoux « L’aromathérapie » editions Atlantica – collection Douce alternative
L’univers des huiles essentielles est infini, magique, efficace et puissant mais pas sans danger si on joue à l’apprenti sorcier. J’organise régulièrement des cours d’aroma-olfactologie, vous trouverez les détails sous la rubrique « animations ».

Dans la rubrique « liens utiles » vous trouverez une bibliographie en constante évolution …